La plante du mois : Le Gui
- Gwada Botanica
- il y a 18 heures
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(Phoradendron trinervium)
Wadlab
Famille des Viscaceae (Santalaceae)

Selon les différentes sources, le genre Phoradendron est rattaché à la famille des Viscacées comme le Gui d’Europe (Viscum album) : Flore Fournet, Gbif.org, ou à la famille des Santalacées : Florantilla, Royal Botanic Garden.
La famille des viscacées ne comprend que des arbrisseaux parasites, monoïques ou dioïques, fixés aux arbres par des suçoirs, avec ou sans feuilles.
Seuls deux genres appartiennent à cette famille aux Antilles. En Guadeloupe, le genre Dendrophthora ne concerne qu’une espèce (D. buxifolia) et le genre Phoradendron compte neuf espèces.
Bien que le nom « Gui » soit régulièrement utilisé par les naturalistes en Guadeloupe, il est curieux de constater que les différents ouvrages de botanique ne mentionnent jamais ce nom vernaculaire pour ces espèces. Le nom Roi de l’arbre, Wadlab en créole, est utilisé pour plusieurs d’entre elles.
Considéré comme assez commun par J. Fournet, P. trinervium a une répartition très large dans les Caraïbes depuis le Belize et les Bahamas jusqu’au Venezuela en passant par les Grandes et les Petites Antilles.
Contrairement aux très nombreuses espèces épiphytes qui n’utilisent les arbres que comme supports (broméliacées, orchidées, lianes…) les viscacées sont des plantes parasites qui ne possèdent pas de racines et qui tirent leurs nutriments directement de la sève de leurs hôtes grâce à des suçoirs. Toutefois elle sont plutôt considérées comme des « hémiparasites » parce qu'elles ne prélèvent que de la sève brute (eau et sels minéraux ) et qu’elles font elles-mêmes la photosynthèse.
Certaines espèces du genre sont liées à un habitat stricte comme la forêt xéro-héliophile pour P. mucronatum ou au contraire la forêt hygrophile pour P. crassifolium.
P. trinervium, elle, est décrite comme une espèce très ubiquiste, présente dans différents types d’habitats de 0 à 600 m d’altitude et sur différentes espèces hôtes.

C’est un arbrisseau monoïque (fleurs mâles et femelles sur le même pied mais séparées). Son aspect est très variable, avec des rameaux tétragones (anguleux) et à ramification dichotomique ( symétrie deux par deux). Les feuilles coriaces sont petites, de 2 à 5 cm de long et plutôt allongées avec une base atténuée formant un pétiole très court de 3 mm. L’apex est arrondi. Les fleurs sont très petites, moins de 5 mm, disposées sur un épis d’environ 5 cm. Les fruits sont des baies d’environ 4 mm de long, d’abord vertes puis jaune-orangé ou rouge-orangé, lisses et brillantes à maturité.
La floraison a lieu toute l’année.

Intéret et usages : Les Phoradendrons sont très fréquentés par certains oiseaux qui consomment leurs fruits, comme le Moqueur grivotte (Allenia fusca) et le très rare Organiste des Petites-Antilles (Chlorophonia flavifrons). L’espèce Phoradendron trinervium est citée dans plusieurs ouvrages concernant les plantes médicinales notamment en Colombie.


Statut : Nos espèces de Phoradendron ne sont pas considérées comme menacées au niveau mondial ni au niveau national.
Sources internet :
Sources bibliographiques :
- Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et Martinique.
Jacques Fournet. CIRAD, Gondwana éditions.
- Plantes, milieux et paysages des Antilles françaises.
Claude Sastre et Anne Breuil. Biotope, Parthénope Collection
Rédaction et photographies : Guy Van Laere. Association Gwada Botanica.
Merci à Mike Hélion et à Lilian Gayot pour leur aide précieuse à la détermination.